EMLYON – le mot de la fin

Posté par EM Lyon le 28 juillet 2011 dans EM Lyon Non classé
 

 

L’absence de nouvelles des Bohemliens pendant les 10 derniers jours ne signifie en aucun cas que ceux-ci ont eu une saveur insipide, mais bien que nous avons embrassé le tumultueux quotidien de l’Europe de l’Est. 

Après un bref passage en Grèce, le temps de poser un phare sur le bord d’une route de campagne et de transformer ainsi Esmeralda en cyclope, nous gagnons la Bulgarie et sa douce Sofia. L’escale est rapide mais le peuple bulgare ne l’est pas moins lorsqu’il s’agit de séduire les voyageurs. Là-bas, les gens sont d’une bienveillance merveilleuse et ne sont pas avares en coups de klaxons et en grands signes de mains lorsqu’ils voient passer une trentaine de jeunes écervelés dans des 2cv colorées. Une spontanéité touchante que nous avons retrouvée à l’étape suivante, en Roumanie. 

Sofia - cathédrale Alexander Nevski

Le passage de la frontière nous donne des frissons et Alex éclate en sanglots en passant sous la bannière nationale, ému de fouler à nouveau cette terre qui l’a vu naitre. Nul doute que ses coutumes vestimentaires étranges n’avait échappées à personnes, il est bien un fils du pays, et il le confirme en lançant de petits gloussements inaudibles et amicaux en croisant les premiers autochtones qui le reconnaissent aussitôt. Nous entrons à Bucarest sous un ciel sombre et un vent sublime, et nous empressons d’aller mettre la vieille ville à sac. Le lendemain, le coq manque de faire un infarctus lorsque nous tournons la clé dans le démarreur, bien avant que le misérable volatile n’ait eu le temps de chanter quoi que ce soit. 

Campagne roumaine

L’excitation monte encore d’un cran lorsque nous traversons la campagne roumaine où souffle le vent bohémien que nous étions venu chercher. Arrivés à Galati, nous composons une section d’élite composées d’une vingtaine de bras-cassés de l’ESTP, Supaero, Télécom, HEC et des Mines de Paris et montons le camp en périphérie de la ville, dans un champ. Les paysans du voisinage nous adoptent sans sourciller, à coup de grands sourires édentés. Dès l’aube nous plions la tente et remercions la campagne roumaine et ses chiens errants de nous avoir accordé ces quelques heures de repos. Direction la Moldavie !…Ah en fait il parait que non…On nous annonce des pièces manquantes dans la liste des documents à fournir pour passer la frontière. C’est dommage, l’envie de découvrir cette douce contrée n’avait pourtant fait que croitre sous les aboiements intempestifs de la grosse dame du poste frontière. Choux blancs donc. Tandis que nous disons adieu à nos rêves ukrainiens, que Cam et Matt désespèrent de ne pouvoir écrire aucun vers sur les côtes de la mer Noire, que Tom angoisse à l’idée de ne pas gouter les spécialités culinaires ukrainiennes, Alex, le bonnet bolivien enfoncé sur la tête jusqu’aux sourcils, affiche un large sourire à l’idée de croquer quelques jours de rab sur la terre de ses cousins. Dans la tête de Yann c’est l’enfer. Il cherche comment redessiner le parcours, analyse, prévoit et anticipe au rythme de 50 scénarios/seconde. On lui souffle Belgrade à droite, on lui murmure Bratislava à gauche, Pyongyang derrière. Ce sera finalement Pietra-Neamt, puis Cluj. La première se traduira par un bref arrêt pour dormir par terre à coté de la voiture, en compagnie des copains des Mines, de la lune, d’un lac, et d’un yukulele. C’est d’ailleurs l’occasion pour nous de saluer la performance de Valentin qui, s’il elle n’a émoustillé que quelques femelles musaraignes, nous a fait passer une très bonne soirée et aurait plu à moult demoiselles à n’en point douter. A Cluj, la première soirée qui marque le bout du voyage commence par un restaurant offert par Stratorg. La soirée est magique, c’est une explosion de joie, d’énergie et de pulsions, une sorte d’hymne à l’absurde. Que Robespierre, Chirac ou encore Casimir soient rassurés, nous avons fêté le jour national comme il se doit (si si, Casimir est français, je vous jure). C’est à Cluj que nous quitte Tiphany, merci à elle pour son travail et sa gentillesse, nous aurions aimé partager quelques « mass » de bonne blonde avec elle à Munich, mais ce sera pour une prochaine fois ! 

un camp de roumains à Galati

L’heure est venue pour nous de quitter la mère patrie roumaine, chargés de cadeaux et de victuailles souvenirs de notre passage dans le village du roi des Roms ; merci à Sciences Po pour cet itinéraire improbable mais inoubliable, cependant nous ne pousserons pas le vice jusqu’à laisser la belle deuch rose reprendre la tête du convoi (et bim). Qui aime bien châtie bien ! 

Notre séjour en Hongrie débute dans un petit village près du lac de Vezsprem, où nous sommes accueillis comme des princes grâce aux bons filons de Dora. 

Lac Balaton

La capitale Budapest nous a ensuite séduits trois jours durant, mais nous serions bien restés au bord du ruisseau d’eau bien fraîche de ce petit bout de Hongrie. Budapest, de loin l’une des plus belles étapes : son architecture, les balades au bord du Danube et…Sa gastronomie ! Malheur à celui qui n’aura pas aventuré ses papilles dans l’antre du septième ciel, en enfournant un Langos aussi gras que succulent, ou tout autre met du marché couvert de la ville. 

Budapest - run with the boys

Note de l’auteur : les Mines de Paris ont profité de l’animation nocturne pour faire une nouvelle fois étalage de leur bêtise, les Gadzarts ont (presque) chopé, allez les gars vous avez encore la forêt luxembourgeoise et le périphérique parisien pour vous rattraper. Constance peut enfin monter dans son avion de retour pour Paris, soulagée de nous quitter (ou pas). Merci à elle pour son engagement sans faille aux côtés de Yann, place désormais à Léa pour la remplacer. Autre style, mais toujours autant de bonne humeur. Constance et Léa, ou comment réussir à dire aux gens de monter dans leur voiture à 6 heures du matin pour 500 bornes de trajet après une nuit dehors sans leur arracher injures et grognements. 

Budapest - Place des Héros

Changement d’itinéraire oblige, nous faisons un crochet par Bratislava avant de gagner Vienne. En raison de la proximité de notre rencontre nous restons que quelques heures dans la ville, insuffisant pour l’apprécier à sa juste valeur. Et encore moins sous la pluie de novembre qui s’est abattu sur nous depuis maintenant plusieurs jours. Oui on est fin juillet, mais les miss météo de l’ouest de l’Europe ont troqué leur bikini contre des grosses doudounes. 

Nous en profitons d’ailleurs pour vous donner des nouvelles d’Esmeralda : son imperméabilité nous permet de nous doucher sur la banquette arrière. Les autres équipes applaudissent chaleureusement et marquent d’une croix sur le calendrier le jour où les BohEMliens se trempent dans l’eau, comme à chaque fois depuis le départ. 

Vienne est un musée à ciel ouvert, imprégnée du souvenir des jours glorieux de l’Empire Austro-Hongrois et d’une activité culturelle débordante. Malgré la pluie et le froid nous nous installons le troisième et dernier soir place de l’hôtel de ville, pour profiter de la retransmission sur écran géant d’un ballet. Le tout en savourant la bière et la saucisse autrichienne. Vienne a été pour nous la ville de notre rencontre. Nous remercions donc notre interlocuteur Mr Hoffmann, ainsi que l’institut Français pour nous avoir ouvert ses portes et supporté vingt minutes durant la présentation de notre problématique. Comme nous aimons le froid, et surtout Esmeralda, la banquette de cette dernière et un trottoir viennois seront nos chambres cinq étoiles la veille de notre départ pour Munich. 

Vienne - Karlskirsche

Vienne - Château de Schönbrunn

Aucune déception dans la capitale bavaroise : ambiance chaleureuse, des mass de bière qui feraient palir d’envie un drogué à la limonade, des parcs très agréables, le tout salué par le retour du soleil, timide certes, mais suffisant pour que nous nous aventurions dans l’Isar. La vison de surfers sur une vague artificielle en plein milieu d’un parc de Munich restera une image de plus de ce voyage. Nous vous conseillons d’ailleurs un plongeon dans le torrent (très) rafraichissant, mais soyez suffisamment habiles pour attraper une racine pour remonter sur la berge sans quoi vous finirez en Egypte. 

Nous vous écrivons ces lignes depuis le Luxembourg, contrée verte et tranquille, où les gens semblent ma foi sympathiques mais attachés à une rigueur sans faille. Comment nous ne pouvons pas utiliser de réchaud dans le couloir d’une auberge ? Nous sommes outrés. 

Etrange sensation que celle du retour imminent. Lorsque nous passerons les grilles de Molitor nous aurons certainement le sentiment de les avoir franchies la veille pour le départ. C’est ça le Stratorg Challenge, une aventure qui ne vous laisse pas le temps de regarder en arrière, alors qu’il nous aurait fallu un jour de méditation entre chaque étape pour conserver bien au chaud tous les souvenirs accumulés. C’est aussi une aventure humaine, et nous tenons à remercier l’ensemble des équipes, sans qui le voyage n’aurait pas eu la même saveur. Bien évidemment ces remerciements sont aussi pour Yann et le staff, mais nous avons tant parlé d’eux dans nos articles, que nous ne voulons pas que notre plume les fasse rougir, ou pire qu’ils prennent la grosse tête. Cependant nous les remercions infiniment, car leur gentillesse sans égale les poussera certainement à récompenser ces compliments par des tartines de nutella demain sur la route de Paris, promises par Yann en échange de notre inscription au Stratorg Challenge. 

Une petite remise des prix pour saluer notre retour : 

Les plus intelligents, voire brillants : Mines de Paris. 

Les plus chanceux : Télécom. Aussi peu de pannes sur le trajet, c’est scandaleux… 

La bonne humeur, les pros de la mécanique, et les plus barbus (malgré les efforts de Matt, no comment…) : Arts et Métiers. 

Les plus belles fesses (du moins les plus en vue) : Supaero. 

Le prix du miraculé : HEC. On doutait en effet que leur deuch aille plus loin qu’Auxerre, elle a parcouru 7000km. La magie du Stratorg. 

Le prix de l’orientation, et de la gestion de carte routière (précise selon leurs dires) : Sciences Po. 

Les plus ponctuels : Mines de Saint-Etienne. On vous a fait concurrence tant qu’on a pu, mais vous étiez trop forts les mecs, bravo. 

La voiture la plus propre : ESTP. Et pourtant le dernier nettoyage c’était à Florence… 

En espérant que cette aventure continue longtemps encore, et que celle-ci ne soit que le début de quelque chose de nouveau, nous espérons que voyager à nos côtés n’a pas trop été un calvaire. Rendez-vous en France cette fois-ci, pour discuter autour d’un verre de tout ce que nous avons vécu et nous rappeler Galati, Florence, Budapest, la Moldavie…Ah non mince. 

Les BohEMliens ramènent leur roulotte au port, et vous saluent bien bas. A très bientôt pour de nouvelles aventures. Nous vous dédions à tous, participants passés, actuels et futurs du Stratorg Challenge, ce proverbe que nous transmettons de génération en génération dans notre communauté pour conclure : 

« Celui qui ne peut s’empêcher de rouler sera toujours un vrai manouche ». 

 

Ciao !

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Synthèse EMLYON – Vienne

Posté par EM Lyon le 28 juillet 2011 dans EM Lyon

Les BohEMLiens, reporters européens

Arrivée à Vienne

23 juillet 2011. 9h37. Café Museum, Vienne.

C’est par une jolie matinée de ce mois de juillet que nous avons eu le plaisir de  rencontrer M. Georg Hoffmann Ostenhof, l’un des journalistes autrichiens les plus en vue selon la presse nationale. Ce diplômé de sociologie et de science politique ayant fait une partie de ses études aux Etats-Unis, et dont les analyses font autorité en matière de politique internationale, est aujourd’hui en charge de la rubrique étrangère du journal Profil, le journal d’investigation phare sur la scène médiatique autrichienne, le « der Spiegel » ou « l’Express » autrichien aux dires des Viennois. « Il s’agit surtout d’un journal indépendant et de tendance centriste», ajoute avec malice notre interlocuteur. C’est autour d’une table d’un chic café Viennois choisi par Mr Hoffmann lui-même que nous retrouvons ce sexagénaire à l’allure de reporter et au style aussi détendu que l’accueil qu’il nous réserve. De nombreuses questions concernant notre problématique restaient encore en suspens et nous avions donc besoin d’une analyse plus concrète. En effet, nous avions commencé par nous intéresser à l’inadéquation entre neutralité et européanisation. Ce double positionnement nous posait alors de nombreuses questions quant à la vision autrichienne de l’Europe et à la place d’un pays entré récemment (en 1995) dans l’Union Européenne mais déjà gagné par les mouvements eurosceptiques. Il s’agissait aussi de comprendre comment est-ce que le concept de neutralité avait évolué depuis la fin de la Guerre Froide et quel était le sens de la neutralité aujourd’hui pour l’Autriche. Ces différentes questions construites autour de notre problématique, « Entre neutralité et européanisation, l’Autriche est-elle à la recherche d’une nouvelle identité ? », ont permis à M. Hoffmann de nous apporter son expertise mais également de nous faire partager son sentiment sur la question en tant que citoyen autrichien. Fervent défenseur de l’Europe et très optimiste quant à l’avenir de la construction européenne, notre interlocuteur se dit lui-même être de sensibilité de gauche.

Un point de vue d’expert 

            Après avoir réintroduit notre sujet et le paradoxe à partir duquel nous sommes partis dans notre analyse, M. Hoffmann a tout d’abord tenu à clarifier la façon dont les Autrichiens perçoivent leur statut de pays neutre. « La neutralité est seulement un fait sentimental » nous explique-t-il très clairement. Bien que la neutralité autrichienne soit inscrite dans la constitution depuis 1955, elle a depuis été révisée à deux reprises : d’abord en 1990 puis en 1994 dans l’optique de l’entrée du pays dans l’UE. Ces deux modifications constitutionnelles ont réduit la neutralité autrichienne à son simple noyau militaire (article 23F). En revanche, elle reste chère au cœur des autrichiens qui s’y sont attachés en plus de cinquante ans. Et si le sens qu’elle prenait en pleine Guerre Froide est aujourd’hui à relativiser avec les importants changements de la géopolitique mondiale, l’Autriche sait en tirer profit. Il ne s’agit donc pas de considérer la neutralité seulement comme un problème juridique mais bien plus comme un statut particulier pour l’Autriche. En effet, ce dernier lui permet d’accueillir les sièges de grandes organisations mondiales comme l’OPEP et AIEA. Il semble également judicieux de préciser, comme l’a souligné avec grande clarté notre interlocuteur,  que l’attachement des Autrichiens à la neutralité provient essentiellement de l’amalgame qu’ils font entre l’indépendance de leur pays, et sa neutralité qui a été le prix à payer à l’URSS pour obtenir celle-ci. Pour résumer, les Autrichiens sont attachés à ce principe de neutralité avant tout par ce qu’il rime dans leur esprit avec indépendance.

            Cette volonté de conserver un statut particulier de pays indépendant s’explique notamment par l’Histoire, puisque comme nous l’explique M. Hoffmann, « L’Autriche n’a pas un passé positif avec le monde ». Le puissant empire austro-hongrois est en effet bien loin, et le XXème siècle ne fut pas glorieux pour l’Autriche. Cette absence de succès sur la scène internationale expliquerait donc la volonté de ne plus tenter de retrouver la puissance dont pouvait jouir le pays auparavant. En effet, la neutralité autrichienne reste l’outil politique qui a introduit l’ère d’un « repli sur soi ».

Mais l’une des utilités de ce statut de pays indépendant est de permettre à l’Autriche de s’affirmer par sa différence vis à vis des autres nations européennes. Nous oublions aussi souvent que c’est « un vieux pays mais une jeune nation ». De même, la neutralité a joué un rôle non-négligeable dans la reconstruction de l’identité autrichienne. En effet, le sentiment d’échec historique répété, la domination du territoire par les Alliés entre 1945 et 1955 ainsi que le fait générationnel avaient largement participé à l’estompement de la ferveur nationale dans les années cinquante. « Dans les années 1960, nous avons connu un petit miracle économique » nous précise M. Hoffmann Ostenhof. Selon lui c’est à partir de ce moment-là que l’Autriche a commencé à se reconstruire en tant que nation et à regagner cette fierté autrichienne nécessaire au pays. La neutralité, qui procurait un statut exceptionnel à l’Autriche, a à ce moment là pu être très largement mis en avant pour redonner du sens à la nation autrichienne. Et par ce statut de pays neutre, l’Autriche peut affirmer son indépendance sur la scène géopolitique en refusant toute adhésion à l’OTAN, symbole d’un certain antiaméricanisme. De plus, comme le souligne M. Hoffmann, l’Autriche cherche à oublier son passé conflictuel en se positionnant aujourd’hui comme médiateur dans les crises internationales. Si tous ces choix stratégiques de politique étrangère sont déterminants pour une Autriche qui cherche à retrouver une place dans la géopolitique d’après Guerre Froide, il faut bien voir qu’ils sont aussi au service de la politique intérieure et encouragent l’émergence du sentiment de nation autrichienne, celui «d’une nation en pleine renationalisation ». C’est pourquoi, comme nous l’explique M. Hoffmann, il est important de ne pas penser la neutralité en la comparant à d’autres pays comme la Suisse, mais bien de la considérer avec un point de vue autrichien.

            C’est ainsi que M. Hoffmann répondra à l’une de nos interrogations principales concernant la cohérence du discours des partis politiques autrichiens. Ces derniers doivent jongler entre une europhilie affichée par la plupart d’entre eux (OVP, FPO, les Verts…) et une volonté de conservation de la neutralité. En considérant la neutralité comme un simple positionnement de non implication dans les conflits mondiaux, le citoyen autrichien ne verra aucune incompatibilité avec une participation active au processus d’intégration européenne. Comme le répète M. Hoffmann, « la politique autrichienne est tout à fait intégrée à la politique européenne », et il reste convaincu que la conservation du statut de pays neutre n’empêchera pas l’Autriche d’être un acteur de la construction européenne. De plus, comme le met en lumière le journaliste de Profil, le débat sur l’Europe est ici beaucoup moins présent qu’en France. Nation jeune ayant récemment intégrée l’Union Européenne, l’Autriche participe peu au débat européen car l’Europe reste encore une idée vague pour de nombreux citoyens autrichiens. L’idée selon laquelle « l’Europe a un problème, [car] elle ne touche pas l’âme des gens » constitue d’ailleurs une idée importante, illustrée par la timidité du sentiment européen en Autriche, et donc l’absence d’incompatibilité entre neutralité et UE pour les Autrichiens.

Rencontre avec Georg Hoffmann Ostenhof

Revoyons alors nos idées de départ…

Nous avons, suite à cette rencontre, pris conscience de nombreux enjeux européens. Au-delà de notre problématique, elle nous a éclairés sur des enjeux concernant l’Europe en général. Nous avons particulièrement pris conscience à travers cet exemple du décalage qui pouvait exister dans la façon d’appréhender les problèmes et les contradictions de la construction européenne. La France, par exemple, est confrontée aux problématiques européennes depuis maintenant plus d’un demi-siècle tandis que pour certains pays tels que l’Autriche, les questions européennes sont encore loin d’être considérées comme une priorité et le décalage en le citoyen autrichien et le politicien ou le journaliste restent très marquées. L’exemple autrichien révèle en effet la peur aussi parfois que peuvent éprouver certaines nations qui peuvent se sentir « avalées » par la machine européenne. Le chauvinisme affiché par l’Autriche en est une réaction et en comparant à d’autres petits pays entrés récemment dans l’Union Européenne nous constatons qu’il s’agit d’une réaction classique avec laquelle il faudra combiner lors des négociations dans les années à venir.

Se rendre sur place et avoir l’opportunité de visiter l’Autriche et Vienne et de pouvoir comparer ce pays à ceux traversés les jours précédents, nous a permis de nous faire une idée plus concrète de cette nation marquée par l’histoire. En se promenant dans les rues de Vienne, nous avons été frappés par l’omniprésence de l’architecture impérialiste et l’absence de symbole européen. En effet, nous avons trouvé l’enthousiasme des peuples roumain et bulgare récemment entrés dans l’union beaucoup plus palpable, à la fois par la présence des drapeaux de l’UE et par la joie suscité par notre passage sur les routes. Par ailleurs, comparer la France et l’Autriche, c’est avant tout mettre en parallèle deux pays ayant eu une histoire avec l’Union Européenne tout à fait différente. Cette comparaison nous a fait prendre conscience que l’Europe est loin d’avoir fini son processus de construction et qu’il lui faudra encore plusieurs générations pour enfin pouvoir dépasser les sentiments nationaux et espérer voir émerger un sentiment européen. Les traumatismes et les mutations des années 1990 étant encore trop présents dans de nombreux pays de l’Union, il faudra aux jeunes nations le temps de se construire avant de pouvoir se penser comme une nation européenne.

… Avant de conclure

Finalement, si le regard profane du citoyen européen se pose la question de l’incompatibilité de la neutralité de l’Autriche et de son intégration à l’Union Européenne, l’Autrichien lui, ne voit aucun obstacle à ce double positionnement. Premièrement, parce que pour l’instant la réalité politique et sécuritaire de l’Union reste à construire, ensuite, parce que le débat européen reste marginal en Autriche, et enfin, parce que la neutralité autrichienne, bien qu’étant publiquement affichée, se borne en réalité aujourd’hui à une position de non-alliance militaire et à un attachement sentimental du peuple autrichien qui la fait rimer avec indépendance. En revanche si l’UE parvient à moyen terme à mettre en place une armée unique, la question de l’abandon de la neutralité se posera de manière plus concrète, et « les Autrichiens sauront alors abandonner la neutralité » comme le confie Georg Hoffmann Ostenhof.

Mais se pencher sur le cas de l’Autriche, c’est finalement prendre conscience que la maturité du projet européen n’est pas la même dans les esprits des différents peuples de l’Union. Et pour cause, si le débat européen secoue régulièrement la France d’aujourd’hui, il ne fera peut-être pas vibrer tout de suite l’Autriche de demain.

 Après cet entretien très enrichissant sur la situation autrichienne, nous avons eu l’opportunité de présenter nos premiers résultats au directeur de l’institut français ainsi qu’à l’ensemble du convoi dans un des salons de l’institut.

Exposé à l'Institut français de Vienne

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Des nouvelles de l’EM Lyon

Posté par EM Lyon le 10 juillet 2011 dans EM Lyon

6 juillet, 6h du matin, les Bohemliens se réveillent sur une plage de Pescara, au son des vagues qui viennent rouler sur le sable et du tractopelle qui nous fait signe de quitter les lieux au plus vite. Le réveil est dur mais l’euphorie du voyage nous regagne immédiatement et nous quittons Pescara avec le sourire, la truffe fraîche comme la rosée du matin et le lever de soleil sur la plage encore dans les yeux.

Nous avons quitté Florence hier, recommandations pour la rubrique hébergement du routard : un joli belvédère en dehors de la ville pour planter la tente, des bancs cinq étoiles Plaza Michel Angelo avec une vue imprenable sur la ville. Nous sommes toutefois déçus de la troisième nuit, le confort d’un camping nous prive de l’avalanche de style que nous nous sommes habitués à poser au réveil, le cheveu fou et la tête décrépite, un peu « à la zeuuuub » en somme.

Pendant que les Mines de Saint-Etienne finissent leur grasse matinée, nous nous préparons à quitter Florence la belle. Elle a tenu parole pour la jolie robe, et elle avait plutôt intérêt étant donné la chaleur suffocante qui y règne. Nous n’oublierons pas ses grandes places inondées de soleil, ses cafés dont le prix n’a d’égal que le gout, son fleuve Arno, son Duomo…et ses policiers (depuis que nous sommes sous bracelet électronique nos messages sont censurés et nous n’aurons donc pas l’occasion de vous raconter cet épisode…). Nous ne nous étendrons pas non plus sur la session de danse endiablée de l’un d’entre nous avec une petite mamie brésilienne, ni le quart d’heure fraternel passé en compagnie de trois piles de muscles polonaises.

La nuit sur le ferry, à l’air libre (est-il besoin de le préciser), est réparatrice.

Dans la foulée nous prenons la route pour Thessalonique sous les 50 degrés du soleil grec…c’est la banquette arrière d’Esmeralda qui va être contente, bien au chaud sous nos petites fesses. Premiers pépins pour la reine des gitanes : charnière du coffre cassé, et grosse fuite d’essence à un arrêt dans une station au beau milieu du néant grec. Heureusement qu’un petit garagiste baragouinant quelques mots d’allemand passait par là. Après une auscultation dans les règles de l’art, il nous assure que notre deuch pourrait aller jusqu’à Pekin les doigts dans le nez…ou du moins que la fuite dans le réservoir d’essence n’est pas incurable…

L’accueil que nous avons reçu à Thessaloniki mérite qu’on s’y arrête quelque peu. Malgré un état de propreté pour le moins reprochable, nous sommes reçus dans le superbe appartement du consul de France, qui nous invite à prendre un verre sur sa terrasse avec vue imprenable sur le port de la ville et sa Tour Blanche.

Le lendemain un nouvel accueil de roi nous est réservé dans une fac de la ville pour la table ronde de Sciences Po, occasion d’un débat sur la crise grecque.

Le soir venu nous décidons par mesure de solidarité pour les « indignés » grecs de dormir nous aussi par terre dans le centre-ville. Comme lors des nuits précédentes le spectacle était au rendez-vous : nous avons assez vite compris que si les pelouses sur lesquelles on dormait était si luxuriantes, c’était grâce aux…arrosages automatiques dont le bal commence à 3h du matin… La nuit la plus chaotique du voyage ne s’arrêta malheureusement pas à l’offensive des jets d’eau grecs, et se poursuivit par des attaques d’insectes et autres arachnides en tous genres.

Loin d’être abattus, nous continuons dès le lendemain la course à la boutade avec nos compères des autres équipes. Le temps de 10 minutes de bêtise absolue, HEC (Cyrille) et l’EM (Matt) pactisent pour se jeter dans les flots odorants du port de Thessalonique, pour le plus grand bonheur des locaux, qui s’empressent de photographier la scène. Nous ne parlons pas grec, mais nous pensons avoir compris leur message par cette chose magnifique qu’est le langage des signes : en rigolant ils désignent tour à tour avec leur doigt leur postérieur puis l’eau pour décrire son état de propreté. Amusant, mais nous vous conseillons néanmoins les plages se trouvant quelques kilomètres en dehors de la ville : l’eau est bonne, et les poissons ne flottent pas à la surface la bouche grande ouverte avec une boulette de fioul dans la trachée.

A l’heure où nous vous écrivons notre horizon n’est rien de moins que la frontière bulgare. Ce soir, Sofia sera notre hôte, nous saurons lui rendre hommage comme nous l’avons fait jusque là aux cités européennes de la Méditerranée.

Il est l’heure de la sieste. Nous avons transpiré la moitié de nos neurones par les tempes. On a compté, on est presque à sec. Le staff va avoir du boulot dans l’Est avec Esméralda et ses gitans Emliens…

Et si ce sont toutes ces petites erreurs que l’on  appelle l’expérience, alors nous ne devrions pas tarder à tutoyer la sagesse…

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Paris-Genève, c’est parti papa!

Posté par EM Lyon le 1 juillet 2011 dans EM Lyon

Après tant d’attente, une montée à Paris juste après les derniers partiels histoire de faire chauffer Esmeralda, c’est parti pour le Stratorg Challenge 2011!

Une ambiance festive pour le départ dans Paris

La sortie de Paris tout en klaxon valait son pesant de cacahuètes, et nous profitons des paysages de notre douce France que nous allons quitter dès demain pour 4 semaines. Premiers petits pépins mécaniques pour certains, mais Yann veille au grain pour que tout le monde puisse profiter de la Roumanie dans une dizaine de jours.

Une première étape helvétique ma foi fort sympathique. Un peu de culture pour dégraisser nos esprits enduits d’huile de vidange après 550 bornes, durant la visite du siège de l’ONU. Constance fait don de son corps pour bloquer la route et nous offrir l’opportunité de pendre une superbe photo que peu de monde pourra se payer le luxe de faire.

Une photo devant le siège de l'ONU qui vaut de l'or

Puis petite virée dans la Haute-Savoie natale de Matou histoire de profiter une dernière fois du charme des montagnes, du lac d’Annecy…Et du Reblochon! On en mettrait bien dans le coffre de la deuch mais on veut pas risquer de se faire refouler à la frontière italienne, ou d’asphyxier tout le convoi sur le ferry.

Les BohEMliens vont prende un repos bien mérité, avant les 700km qui nous attendent demain. Ici, Bonneville, à vous l’Europe. Florence prépare ta jolie robe, on ramène notre fraise.

Une équipe en place

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Les Pensées des BohEMLiens

Posté par EM Lyon le 29 juin 2011 dans EM Lyon Rencontres

Entre européanisation et neutralité :

Le dilemme autrichien contraint-il à la recherche d’une nouvelle identité ?

En 1955, l’Autriche, de façon à retrouver sa souveraineté adopte le principe de neutralité dans sa constitution et se voit donc contrainte à respecter tout un ensemble de conditions.

Ce positionnement original qu’a adopté l’Autriche a bouleversé la géopolitique du continent et il continue d’ailleurs de façonner l’Union Européenne. L’Autriche est le seul pays de l’Union à avoir adopté la neutralité permanente qu’elle se doit de défendre par tous les moyens pour toutes les guerres futures. Les autres Etats de l’Union Européenne tels que la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède sont caractérisés par une neutralité de fait qui ne les oblige donc pas constitutionnellement à respecter l’ensemble des devoirs liés au concept de neutralité tel que défini par les convention V et XIII de La Haye. L’Autriche ne peut en effet pas soutenir de quelque manière que ce soit un Etat belligérant (devoir d’abstention), doit défendre son intégrité territoriale par tous les moyens (devoir de défense et de prévention), doit tolérer certaines actions de belligérants comme le contrôle des bateaux neutres (devoir de tolérance), et doit enfin traiter de façon égale les Etats belligérants ou non (devoir d’impartialité).

A l’heure du débat pour une Europe politique qui permettrait de mettre en place des politiques communes dans des domaines qui relèvent de la souveraineté des Etats membres (politique étrangère et de défense, immigration, énergie…), le statut de pays neutre au sein de l’Union Européenne et dans une géopolitique européenne qui a bien changé depuis 1955 semble tout à fait obsolète. Au deuxième semestre 1998, seulement trois ans après son intégration, puis au premier semestre 2006, l’Autriche a pris la présidence de l’UE en faisant du renforcement de la dimension politique de l’Europe une priorité. Par ailleurs, le FPÖ et l’ÖVP, les deux grands partis au pouvoir, bien que très favorables à une intégration réussie de l’Autriche dans l’UE n’ont de cesse de répéter leur attachement à la neutralité pour des raisons de politique intérieure notamment.

Le positionnement autrichien peut donc être vu comme contradictoire mais aussi comme anachronique, dans une Europe qui a évolué et qui tente aujourd’hui d’intégrer la logique mondiale de constitution de blocs de puissance. Comment expliquer ainsi cet attachement du côté autrichien à la neutralité et l’acceptation d’un tel positionnement de la part de l’UE ? Cette position autrichienne ne serait-elle pas un frein à l’Union Européenne qui se devrait de promouvoir une diplomatie coordonnée et engagée? Le cas autrichien peut aussi permettre de mettre en valeur une réalité européenne : à trop vouloir imposer  une politique étrangère commune aux nations européennes réticentes, l’UE n’est-elle pas en train de créer ses propres problèmes internes et ses propres contestations?

La neutralité, un mensonge nécessaire

Bien que contrainte par la situation géopolitique d’après-guerre, l’Autriche a adopté le principe de neutralité et a cherché à en faire un élément fort d’identité pour s’affirmer sur la scène internationale. Aujourd’hui encore d’ailleurs, les Autrichiens montrent un attachement très fort à ce statut qui s’inscrit maintenant dans une tradition politique. C’est le 26 octobre 1955 que l’Autriche devient un pays neutre à travers une loi : Neutralitätsgesetz. Ce jour a été depuis décrété comme étant le jour de la fête nationale autrichienne.

L’Autriche a toujours joué, tout au long de l’histoire, un rôle très important en Europe et même dans la géopolitique mondiale. Si la politique autrichienne était auparavant plus offensive, elle trouve avec son statut de pays neutre une nouvelle façon de faire de la diplomatie. Elle accueille de nombreux sièges d’institutions internationales comme l’ONUDI (Organisation des nations Unies pour le développement industriel), l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique), l’ONUV (Organisation des Nations Unies à Vienne). A travers cette position, l’Autriche a aussi développé un véritable rôle stratégique de pays faiseur de paix. C’est en ce sens  que l’Autriche interviendra dans le conflit Israëlo-Palestien.

Souvent remise en question du fait d’être considérée comme obsolète, la neutralité est régulièrement sujette à débat en politique intérieur et elle est souvent un élément d’identité des différents partis. Ils s’accordent cependant tous plus ou moins à en faire une priorité.

Vers un abandon de la neutralité?

L’Autriche adhère à l’Union Européenne suite à de longs débats en politique intérieure. En effet, adhérer à l’Union Européenne est une première entorse au principe de neutralité. Cet élément constituera d’ailleurs le point central dans les négociations d’adhésion. Ce sont en effet les arguments économiques qui ont motivé l’adhésion de l’Autriche à la CEE puisque c’est l’association des industriels qui en est à l’origine. A la fin des années 1980, l’intégration économique retrouve un nouvel élan tandis que la situation économique autrichienne est plutôt morose. De plus, elle est le pays neutre qui commerce le plus avec les pays de la CEE. Les autorités autrichiennes s’attacheront aussi à faire de l’Autriche un cas spécifique au sein de la CEE puisque lors des négociations, le gouvernement insiste sur le fait que les particularités historiques de l’Autriche priment sur le droit communautaire et qu’aucune négociation sur la neutralité ne serait possible.

Cependant, ce statut devient de plus en plus difficile à assumer pour l’Autriche dans les faits. La politique de l’Europe depuis les années 1990 est de se doter à terme d’une véritable dimension politique. Ainsi, la naissance de la PESC (Politique Etrangère et de Sécurité Commune) va constituer un premier obstacle pour l’Autriche. Petit à petit, le gouvernement autrichien va se voir contraint de réadapter le concept de neutralité sans pour autant l’abandonner. Néanmoins, l’adaptation de la neutralité reflète une nouvelle conception des priorités du gouvernement en matière de politique étrangère : le conseil des ministres adopte en 1993 une définition restreinte de la neutralité qui la réduit simplement à sa définition strictement militaire.

La neutralité montre aussi ses limites sur le plan international comme en témoigne le laisser-passer dans un couloir aérien autrichien accordé aux Etats-Unis lors de la Guerre du Golfe ce qui viole une fois de plus un des principes de la neutralité.

Qui de l’Autriche ou de l’Europe doit redéfinir son identité?

Cette inadéquation entre le développement d’une PESC active réaffirmé avec la signature du traité de Maastricht et la volonté de conserver le statut de pays neutre vient poser de nombreuses questions en Autriche mais aussi en Europe. Le statut autrichien au sein de l’Europe révèle en effet les contradictions d’une Europe qui hésite bien souvent entre une Europe politique ou une simple Europe économique. Car si dans le discours, l’Europe politique semble être la priorité, en réalité l’exemple de l’Autriche mène à penser que plusieurs pays regardent plus les opportunités économiques que peut présenter l’Union Européenne. La neutralité offre en effet à l’Autriche un argument qui lui permet d’assurer son indépendance au niveau géopolitique tandis qu’elle participe activement aux politiques communes dans le domaine économique.

L’incompatibilité entre une PESC, qui devient de plus en plus concrète, combinée à un attachement toujours aussi important de la part des Autrichiens à la neutralité peut être à relier à la montée des extrémismes en Autriche. Le BVÖ, parti d’extrême droite a en effet connu un regain de popularité très fort ces dernières années du fait notamment du rejet de l’UE et de la PESC. Il a notamment proposé un référendum sur la neutralité en cas d’élection et parlait dans ce cas de sortir de l’Europe. Cette idée a remporté un franc succès et pose donc la question du choix de l’Autriche entre l’Europe et la neutralité. Ce phénomène de rejet d’une Europe de plus en plus politique et la réaffirmation d’une volonté d’indépendance géopolitique d’un pays comme l’Autriche prend sa place dans un contexte de montée de l’euroscepticisme dans d’autres Etats-membres et on peut ainsi se demander si l’Autriche ne serait pas un exemple révélateur du décalage entre la volonté des dirigeants de renforcer la voix diplomatique européenne et la volonté d’expression des peuples européens.

Sans pour autant y voir la fin d’une Europe politique, la montée de l’euroscepticisme dans des pays comme l’Autriche peut aussi être révélateur de l’échec de ce qu’on pourrait appeler la pensée unique européenne. L’Europe serait-elle obligée de parler d’une seule et unique voix sur la scène internationale ? Cette thèse se développe de plus en plus du fait de la diversité des pays qui constitue maintenant l’Union Européenne (différences de taille, de culture, d’ambition…). On parle parfois même de la constitution d’un axe géopolitique de la neutralité en Europe (Autriche, Suède, Irlande, Finlande, Malte) qui assurerait la dimension de faiseuse de paix de l’Europe. C’est en ce sens que s’exprimait Ulricke Lunacek, porte-parole du parti des Verts en affirmant : « Il y a assez de problèmes dans le monde et l’énorme majorité de ceux-ci peut et doit être résolue par des moyens non militaires. C’est là que l’Autriche a des chances … »Mais ceci reviendrait aussi à repenser l’Europe non plus comme un bloc et l’idée de Victor Hugo de constituer à terme les Etats-Unis d’Europe serait donc bien éloignée.

Conclusion

Le cas autrichien est donc un cas d’école et s’il présente plusieurs contradictions entre son statut de pays neutre et sa volonté de faire partie d’une Europe politique, il est aussi révélateur des propres contradictions de l’Union Européenne qui n’est pas encore parvenue à trouver sa cohérence sur le plan géopolitique. Les hypothèses établies sont-elles valables ? Quelles autres leçons peut-on tirer de cet exemple autrichien ? Quelles perspectives pour l’Autriche dans ce paradoxe de la neutralité qui semble se jouer actuellement tout comme la dimension politique de l’Europe ? Ces thèmes seront les axes principaux que nous suivrons tout au long de l’entretien que nous mènerons à Vienne le 23 juillet.

A présent c’est parti, les reporters sont en route !

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La belle des Bohemliens

Posté par EM Lyon le 16 juin 2011 dans EM Lyon

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La belle des Bohemliens

Elle est belle, en pleine forme et elle veut en découdre, voici la Dyane des Bohemliens. Elle s’apprête à mettre sa robe de soirée, on ne vous en dit pas plus…

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L'oeil vif, la truffe fraîche, prêts à prendre la route



Bonjour à toutes et à tous !

Cette année EMLYON débarque au Stratorg Challenge, avec la ferme intention de faire de cette édition 2011 une aventure inoubliable.

Les populations de toute l’Europe sont déjà en liesse à l’idée du passage de notre bolide rouge et blanc, patience nous arrivons ! Laissez-nous d’abord nous présenter plus en détail.

Les BohEMLiens, pour vous servir ! Hâte d’être dans l’est pour retrouver nos lointains cousins :

L'asticot

Matthieu, notre président émérite. Ses deux mètres et ses cheveux en bataille lui donnent l’air rêveur ? Que nenni, c’est un as de la logistique, pianiste à ses heures, poète dans l’âme, mais aussi et surtout pas le dernier quand il s’agit de déconner. Un homme complet donc, un brin charmeur, la ville de Vienne n’a déjà plus de secrets pour lui alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. En attendant il peaufine son statut en s’envoyant simultanément la préparation d’une licence en droit et le traçage d’un parcours pour un raid de quatre jours en Lyon et Turin…Qui dit mieux ?

Brutor le valeureux

Alexandre, secrétaire, adore râler pour gommer l’impression de gentillesse, voire de naïveté, qui transpire de sa petite tête d’ange. Passionné de sport, il pousse le vice jusqu’à la présidence du BDS et le capitanat de l’équipe de rugby de l’EM. Un homme musclé sans cervelle ? Ce profil n’existe pas chez les BohEMliens. Amoureux de Brassens et de Boris Vian, il aime aussi les belles lettres. Il a travaillé son accent et son déhanché pendant 6 mois à Buenos Aires, et forme avec Matt le pôle des idiots de cette équipe, car sérieux rime avec bonne humeur dans cette dream team. Il aura bien entendu son ballon de rugby dans le coffre de la deuch pour les intéressés.

Lafayette le poète

Camille, c’est l’artiste de la bande. Guitariste, metteur en scène, aussi poète que Matt, attention aux ravages qu’il fera chez la gente féminine guitare en main et chapeau sur la tête, une sorte de Bob Dylan beau gosse, qui a dompté les rouleaux australiens pendant 6 mois sur sa planche de surf. Il vous prépare avec Matthieu un séjour dans la capitale autrichienne à la hauteur de leur talent. Profitez de Camille pendant le voyage, quand il sera rock-star ou réalisateur célèbre vous pourrez dire que vous avez été jusqu’en Moldavie avec lui. Mais attention à la touche d’humour bohémienne de cette description, notre Camou est avant tout la modestie et la gentillesse incarnée.

Paddy

Thomas, le meilleur pour la fin ? Président du Raid dont Matt trace le parcours, il a su inverser les rôles pour le Stratorg. Il est comme ça notre Boubou, charismatique mais humble. Son petit air jovial plait aux filles, mais il a une préférence pour les mets savoyards. Et oui, Thomas est un homme de la montagne, skieur chevronné, les dangers des pentes enneigées sont pour lui une belle rigolade. Après 6 mois passés au Canada, il lui tarde d’aller voir s’ils ont des marmottes en Ukraine. Jamais à court d’idées, amateur de bonne cuisine, bon public pour les blagues vaseuses de Matt et Alex : vous l’aurez compris, un bon vivant avec une tête bien faite. On me susurre à l’oreille qu’il sera la mascotte de cette aventure…

Ici, Lyon. A vous Paris.

Les neurones affutés, Vienne nous voilà

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