Onze heures et quart dans la campagne grecque, en Macédoine du nord, à quelques encablures de la frontière bulgare. Une station service plantée au bord de la route, tenue par un couple accueillant : « Are you the French students we saw on the TV yesterday ? » Mais oui mon ami !
Revenons un peu en arrière pour ne pas vous embobiner dans le fil (d’Ariane) de notre périple.
C’est sur la route de Florence que nous vous avions semés, sous une pluie soudaine et battante qui ne nous avait pas vraiment laissé le temps de refermer la capote… Le soleil est revenu dans l’après-midi, mais les freins sont partis ! Heureusement, si les Gadzarts ont n’ont pas encore trouvé de douche, ils ont toujours sur eux un (splendide) bleu de travail, qui sert à autre chose qu’à frimer.
Logés en plein cœur de la capitale toscane, à deux pas du fameux Ponte Vecchio, nous avons pleinement profité des charmes florentins : pizzas, églises, glaces, musées, tavernes, balades le long de l’Arno. Nous avons eu droit à l’accueil du Consul honoraire de France et à une rapide visite de l’Institut français, situé au bord du fleuve. Le concert d’inauguration du Hard Rock café local attirait nos deux groupies un temps, avant qu’elles ne profitent d’une visite nocturne de l’imposant Palazio Vecchio. Leurs deux compères oisifs trouvèrent à s’occuper en écumant la ville affublés d’un pyjama de chantier (attention à notre retour, ça va faire fureur), qui leur valut en ce 4 juillet les assauts répétés de hordes d’Américaines les suppliant de poser pour un cliché éternel avec elles (ça sent la photo de profil pour Samantha et Jennifer). Vous voyez, la célébrité n’a pas attendu la Macédoine. Départ aux aurores pour Pescara, et privilège de rouler au petit matin dans les rues interdites à la circulation de Florence.

Pas de Piazza Michelangelo à Pescara, mais une foule d’Auchan. C’est tout de suite plus déstabilisant. Visite – désormais traditionnelle – du Lidl,puis pique-nique à la plage. Coco et Lolo tentent l’incruste dans les hôtels du bord de mer, bal des petits vieux sur la terrasse et baignade au clair de lune dans la piscine. Un pédalo rouge leur sert de refuge pour la nuit.
La route de Bari nous emmène à travers les Pouilles, spectacle magnifique de nudité et d’italianité, cheveux au vent, Ti Amo aux oreilles, du soleil plein les yeux, et de l’huile plein le moteur (cf. recette précédemment publiée). Nous sommes tous Ritals. Le port de Bari l’est moins, on y trouve des Français à la pelle, des motards d’Outre-Rhin et des Bulgares avant l’heure. Il ne s’agit pas cette fois-ci de grimper les Alpes, mais de monter sur le pont supérieur du cargo, ascension réalisée avec brio (et Coco) par Lolo. C’est allongés sur ce même pont que nous passons notre nuit sur l’Adriatique, avant de nous éveiller émerveillés devant Corfou. La Grèce, on y est !
L’accueil est chaud. Très chaud. Edith tient vaillamment sous ce cagnard hellène et enfile les tunnels et viaducs qui nous promènent à travers l’Epire et les Météores. Elle fonce même sur Thessalonique, son étape à elle. Pas déçue la Didith. Accueillie par le Directeur de l’Institut français, reçue chez le Consul pour un sympathique cocktail, après avoir paradé sur le front de mer avec ses potes multicolores. Mêmes les Indignés au pied de la Tour blanche s’en souviendront.

8 juillet, table ronde à l’Université internationale de Thessalonique (synthèse à venir). Trop de journalistes, on n’en peut plus, il a fallu refuser deux autres conférences dans la région, notre agenda est trop chargé. Le Consul, qui semble avoir plus de temps, jette son dévolu sur Edith, belle Hellène en ce jour, pour une photo souvenir.

Ayant finalement réussi à annuler notre participation à l’enregistrement de « Qui veut gagner des millions » et une séance photos pour Elle, nous partons à l’assaut de la vieille ville, façonnée par les cinq cents ans de présence turque. On y trouve des konaks ottomans et des monastères orthodoxes, jusqu’au sommet où la vue sur le golfe de Thessalonique nous apporte un peu de fraîcheur (eh non, Grégoire n’en est pas une !). Un baba-cool qui prétendait être le maire de la ville a tenu à nous refourguer des bouquins en grec mais n’a pas poussé jusqu’au buffet, alors on a préféré l’apéro au bord de l’eau, et c’était beau.

Nous repartons d’Ithaque et pleins d’entrain. Vous l’aurez compris, ça se passe plutôt bien.